Le rituel est dorénavant installé et cela, pour tous les millésimes qu'il me reste à vivre:
une bouteille de pinot noir, que dis-je de grand pinot noir, sera débouchée tout juste avant que le sablier du temps basculera pour la nouvelle année.
L'année 2006?
Elle s'est terminée du côté de Mansonville, en Estrie au Québec, au coeur d'un boisé tout aussi profond qu'il avait endossé son "capot d'poil" blanc d'hiver.
Le vin?
Chambertin Clos de Bèze 1988 du noble paysan qu'est Armand Rousseau.
Débouché à l'aveugle devant un collègue journaliste de la presse spécialisée, le fin finot pour ne pas dire le fin pinot est allé droit au but de l'émotion:
"Pinot noir! Et quel pinot noir!", lança l'ami Jacques sans même faire semblant d'hésiter avant de dénicher rapidement à la fois le millésime (1988), la région (Côte de Nuits) puis une valse hésitation entre Vougeot et Chambertin.
Car oui, il y avait là une expression si vrai de notre cépage fétiche que l'alarme , voire la larme de l'émotion, venait d'être tirer.
Comment le décrire?
Par ce silence assourdissant qui suivit, un silence confortable et jouissif, pénétrant comme le vin qui mouillait l'émotion pour nous enlever nos mots.
Puis... robe radieuse et lumineuse comme une pierre précieuse à peine usée, parfums fins et complexes, se démultipliant sans cesse et projetant toujours plus avant un fruité accompagné de ses nuances comme un Roi Soleil avec les gens de sa cour dans ses jardins de Versaille. Fabuleuse complexité mais surtout, affinement pointu et harmonieux d'un cépage porté par un terroir de cru d'exception.
La bouche? Ahhh... la bouche... Alliance de puissance, de vigueur et de fermeté fine rattrappée sur la longue finale par un resserrement qui ne veut décidémment pas détendre ses lacets, comme le corps corseté d'une femme dont on voudrait la chair immédiatement, sans attendre. Ce Clos de Bèze nous le livre au compte goutte, mesurant ses effets, sûr de lui. Un 88 paradoxallement encore jeune, d'une parfaite harmonie, d'une sève virile et sensuelle, qui le classe parmi les grands pinots noirs de la planète. 
Peut-il en être autrement hors des limites de la Bourgogne septentrionale?
La suite des évènement fin 2007 pour plonger de nouveau avec le sieur pinot.
Au menu?
La bouteille que je dénicherai cette année, quelque part, chez quelqu'un, n'importe où: pourvu que ce soit du pinot noir!
De Bourgogne? Vous en doutiez encore?
Bonjour,
J'aimerais savoir qui, à Mansonville a les moyens de se payer un Chambertin. Ma soeur y habite et son mari y est viticulteur, Domaine Maume à Gevrey-Chambertin
Rédigé par: B. Fussinger | février 19, 2007 à 04:45 AM