Une verticale bien droite pour des muscadets qui ont pris l'ascenceur des millésimes sans baisser la garde.
7 millésimes donc du Master de Donatien de la maison Donatien Bahuaud, soit les 2003, 2002, 1999, 1996, 1993, 1987 et 1985...
Les amateurs le savent d'ailleurs très bien: ce n'est qu'après quelques années de bouteilles que le vrai melon de bourgogne passe à la vibration supérieure. Il n'est d'ailleurs pas rare que certains se font prendre au piège lors d'une dégustation à l'aveugle en le confondant avec... un riesling!
Les millésimes étaient ici bien tranchés et le perlant de la mise sur lie subtilement perceptible. Ce qui n'empêchait pas le 2003 de jouer l'opulence au détriment peut-être de la droiture et à la verve naturelle du vin. Avec ce foutu réchauffement climatique dont tout le monde parle, le 2003 sera-t'il la norme demain? Je ne le souhaite pas!
Un 2002 discret et contenu, bien tassé dans l'huître qui lui sert de coquille. Il gagnera doucement en expression dans quelques années.
Le 1999 développait un peu plus mais sans le potentiel du précédent. Classique.
Avec le 1996, tout l'art du muscadet est là: un grand blanc complet, affirmé et complexe, d'une formidable tension minérale, d'un fruité très pur. Longue sève et surtout, équilibre serein. Arrive tout doucement à maturité mais a encore plus d'une décennie devant lui!
Suivant un 1993 plus faible avec sa touche légèrement oxydative puis un superbe 1987 nettement plus pâle en couleur que le précédent, riche, détaillé, d'une longueur en bouche qui le place parmi les meilleurs vouvrays secs ou les 1er Crus de chablis.
20 ans et toutes ses dents et quelle race mes amis! Vous aviez encore des préjugés sur le muscadet? Dommage pour vous!
Enfin, un 1985 à la robe or pâle, aux parfums envoûtants de crême brûlée annonçant un rancio noble qui ici, invite à la rêverie. Bien sûr, un muscadet évolué mais, comme l'acteur au théâtre, il a revêtu un costume neuf pour raconter une autre histoire. On y devine le minéral assagi porté par une texture satinée, presque sensuelle. Il s'est en tout cas frotter à la poularde aux morilles avec une grâce insoupçonnée.
Cela fait plaisir de trouver un défenseur des vieux muscadets ; j'ai convaincu de nombreux clients et j'en suis pas peu fier.
Rédigé par: Baraou | mars 13, 2007 à 05:38 PM
J'ai découvert les vieux Muscadets avec le domaine de la Tourlaudière à Valet : un 89 en magnum. d'une robe paille et d'un nez très droit et minéral et du gras qu'on ne soupsone pas dans la prime jeunesse. Encore disponible il y a quelques temps c'est une curiosité qui soutient très bien les poissons en sauce
Rédigé par: Rémy | mars 28, 2007 à 09:49 PM
J'ai découvert les vieux Muscadets avec le domaine de la Tourlaudière à Valet : un 89 en magnum. d'une robe paille et d'un nez très droit et minéral et du gras qu'on ne soupsone pas dans la prime jeunesse. Encore disponible il y a quelques temps c'est une curiosité qui soutient très bien les poissons en sauce
Rédigé par: Rémy | mars 28, 2007 à 09:49 PM
Merci à vous de défendre les Muscadets .. et de quel façon !! .. dommage que cette appellation n'est pas la notoriété qu'elle mérite .. heureusement qu'il y a de vrais ambassadeurs comme vous pour en parler avec autant de passions .. encore merci.
Rédigé par: denis | avril 06, 2007 à 07:21 PM