« Un négociant c’est… un
viticulteur qui a réussit ! », me lançait en début d’année le
savoureux Benoît Gougeon lors d’un dîner organisé par l’Union des Maisons de
vins de Bourgogne au Clos Vougeot. Un à zéro pour le négoce ? En tout cas,
depuis que Monsieur B est Managing
Director chez Corton André à Aloxe Corton, le vin qui s’enlisait depuis des
lustres, brille aujourd’hui d’un éclat qu’il fait bon à boire. 
L’homme est-il
ce wine coach qui a fait un relooking d’enfer en agissant sur le team building en fonction d’un retroplaning efficace ? A cela,
comme il est d’usage en France avec la langue de Molière, je répond: yes ! Il suffit de déguster la
gamme maison dont ce tendre Pinot Noir
2005 (19,75 $ - 721373) pour se convaincre que notre MD a drôlement serré la vis en prenant les moyens qui s’imposent.
Chapeau (de marc !).
Dans cette optique, il faudra surveiller cette année
l’apport du Québécois Pascal Marchand chez Moillard, une maison sérieuse dont
j’ai toujours apprécié la sincérité des vins. Autre belle rencontre, ce jeune
et talentueux Louis-Michel Liger Belair qui, comme son ami Sylvain Pétiot (au
Clos de Tart), sait rendre un hommage particulièrement sensible à ses terroirs
du côté de Vosnes-Romanée.
A surveiller ses Reignots 2005, à défaut de quelques
gouttes des 84 ares 52 de La Romanée : brillantissime.
Chapeau aussi à Jean-Claude
Boisset au Château de Pierreux qui a eu l’intelligence de déléguer au jeune
Gregory Patriat l’impressionnante gamme Jean-Claude Boisset (Savigny, Nuits-St-Georges,
Cote de Beaune etc.) dont on devrait entendre parler au Québec.
Ce Patriat a
une touche qui me plaît bien, surtout, il a toute la latitude voulue. A
surveiller donc. Difficile aussi d’oublier Jacques Grange chez Delas où il est
entouré d’une équipe formidable. Je
l’avais rencontré près de Tournon dans le Rhône septentrional alors qu’il
entrait en fonction à titre d’œnologue en 1998. La maison nouvellement
achetée par Deutz avait une sérieuse côte à remonter et c’est en grande partie
grâce a ce talentueux bosseur qu’elle a aujourd’hui de quoi intéressé les
amateurs les plus exigeants.
J’ai croisé ma
vigneronne de l’année au Château Brane Cantenac en appellation Margaux devant
un verre de Barsac, soit le Château Climens 1976 dont Bérénice Lurton-Thomas
est l’exquise Managing Director. Elle
possède à la fois le caractère affirmé mais aussi la touche subtile du cru, une
rigueur dans l’exécution (aidée de son directeur technique Frédéric Nivelle)
qui ne se dément pas mais surtout un cœur d’or qu’elle met dans chacune des
bouteilles de Climens, quelque soit le millésime. Une femme qui sait ce qu’elle
a entre les doigts et qui en tire le meilleur. Le cru n’a d’ailleurs jamais été
aussi bon ! Le 2007 se présente paraît-il au-delà de ses espérances, à
suivre donc.
Je ne voudrais pas non plus oublier le très dynamique Stéphane Tissot et
ses grands vins d’Arbois, Bernard Hervet et Patrick Léon, deux conseillers hors
pairs agissant, pour le premier chez Faiveley et le second pour les Lorgeril au
Château de Pennautier en Languedoc, Guillaume Halley qui, avec sa famille,
redore depuis quelques années le lustre du Château La Dauphine à Fronsac, le
grand Gérard Gauby qui tire des cuvées parfaitement maîtrisée dans le
Roussillon et Francis Egly dont les champagnes (Egly-Ouriet) sont de véritables
perles pour amateurs qui ne « s’embullent » pas à la légère. Espérons
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